À table
Quand et comment tailler les framboisiers
18 août 2026

Quand et comment tailler les framboisiers, c’est la question qu’on s’est posée la première année, le sécateur à la main, devant un buisson en pagaille. On a répondu au hasard, et on a payé : l’année suivante, zéro framboise. La vraie réponse tient en une phrase. Tout dépend de la variété, remontante ou non. Une fois qu’on a compris ça, le reste coule tout seul.
Ce qui m’a fait changer d’habitude
On taillait comme on taillait les rosiers, en coupant un peu partout, à la va-vite, au printemps. Résultat, des tiges sèches mêlées aux jeunes pousses, et une récolte qui fondait d’année en année. Le déclic est venu d’un voisin de jardin. Il m’a montré une tige qui avait donné des fruits en été : elle était morte, il suffisait de la couper au ras du sol. Je n’avais jamais fait le lien entre une tige qui a fructifié et une tige à supprimer. Depuis, on ne coupe plus au hasard, on coupe ce qui a déjà donné.
Le matériel, sans superflu
Pas besoin d’un arsenal. Chez nous, il tient dans une main : un sécateur propre, une paire de gants épais, et c’est tout. Les framboisiers griffent, les gants évitent les bras écorchés. Un seau pour ramasser les tiges coupées. Si tes rangées partent dans tous les sens, une ficelle et deux piquets suffisent à retenir le tout. On a essayé la cisaille électrique une année : inutile, on abîmait les jeunes pousses au passage. Le sécateur, lui, coupe une tige à la fois, au bon endroit.
La taille pas à pas
Avant de couper, on identifie le type de framboisier. C’est toute la clé.
Les non remontants donnent une seule fois, en début d’été, sur les tiges de l’année précédente. Dès que la récolte est finie, en août ou septembre, on coupe au ras du sol toutes les tiges qui ont donné des fruits. On garde les jeunes tiges vertes de l’année : ce sont elles qui donneront l’an prochain.
Les remontants donnent deux fois, ou une grosse récolte d’automne si on préfère. Le plus simple chez nous : en fin d’hiver, en février ou mars, on coupe toutes les tiges au ras du sol. On perd la récolte d’été, mais celle d’automne est énorme et les tiges restent saines.
Les gestes, dans l’ordre :
- On nettoie les lames du sécateur, un coup d’alcool, pour ne pas transporter de maladie.
- On coupe d’abord le bois mort et les tiges sèches, au ras du sol.
- On supprime les tiges fines et chétives, celles de moins de la moitié d’un crayon.
- On garde les plus belles, environ six à huit par mètre linéaire.
- On raccourcit les tiges conservées à hauteur de poitrine si elles partent trop haut.
- On évacue tout, pas de compost avec du bois malade.
Voici le pense-bête qu’on a punaisé dans le cabanon :
| Type de framboisier | Quand tailler | Comment |
|---|---|---|
| Non remontant | Après la récolte, août à septembre | Couper au sol les tiges qui ont fructifié, garder les jeunes |
| Remontant, récolte simple | Fin d’hiver, février à mars | Tout couper au ras du sol |
| Remontant, deux récoltes | Fin d’hiver | Couper seulement le bout des tiges qui a donné en automne |
| Tous | Dès qu’une tige est morte ou cassée | La couper au sol, n’importe quand |
Les ratés classiques et comment les rattraper
Le premier raté, on l’a fait : tailler les non remontants en fin d’hiver. On a coupé les tiges qui allaient donner, et l’été suivant, rien. Pour rattraper, on a laissé le buisson tranquille une saison entière, et il est reparti.
Le deuxième, c’est le sécateur émoussé. On écrasait les tiges au lieu de les couper net, et les plaies s’infectaient. Un coup d’affûtage une fois par an, et fini.
Le troisième, c’est la peur de couper. On gardait tout par prudence, et le buisson devenait un fourré impénétrable. Depuis, on coupe franchement ce qui a donné ou ce qui est mort : un framboisier qu’on taille repart plus fort.
Le quatrième, c’est les drageons qui partent partout dans le potager. On les arrache quand ils dépassent le rang, sinon ils colonisent tout. Un framboisier n’a pas besoin du jardin entier.
Ce que j’en retiens au quotidien
Ce qu’on retient, c’est simple : on ne taille plus au hasard, on regarde d’abord si la tige a déjà donné. Une tige qui a fructifié se coupe, une tige jeune se garde. Ça prend une demi-heure par an, souvent un dimanche de fin d’hiver, un seau à la main. Et le vrai cadeau, c’est qu’on comprend enfin notre buisson au lieu de le subir. Si tu hésites encore, note le type de tes framboisiers sur une étiquette au pied, et repars de là. Un jour, quand la récolte sera belle, pense à la cuisine : une bassine de confiture mérite un cuivre brillant, et on a noté comment le nettoyer sans l’abîmer. Et si les restes finissent par boucher l’évier, voici comment le déboucher sans y passer la journée.
FAQ
Quelle est la différence entre framboisier remontant et non remontant ?
Le non remontant donne une seule fois, en début d’été, sur les tiges de l’année précédente. Le remontant donne à nouveau en automne, parfois deux fois. Cette différence change tout pour la taille : on ne coupe pas les mêmes tiges, ni à la même saison.
Quand tailler un framboisier non remontant ?
Après la récolte, en août ou septembre. On coupe au ras du sol les tiges qui viennent de donner des fruits, et on garde les jeunes pousses vertes de l’année, qui fructifieront l’été suivant. Taillé en hiver, il ne donne rien.
Peut-on tout couper un framboisier remontant ?
Oui, c’est même le plus simple. En fin d’hiver, en février ou mars, on coupe toutes les tiges au ras du sol. On perd la récolte d’été, mais celle d’automne est abondante et les tiges restent plus saines, moins malades.
Pourquoi mon framboisier ne donne plus de framboises ?
Souvent parce qu’il a été taillé au mauvais moment, ou pas du tout. Un non remontant taillé en hiver perd ses tiges fructifères. Un buisson jamais éclairci devient un fourré. On coupe ce qui a donné, on garde six à huit belles tiges par mètre, et il repart.


